Découvrez l’orgue d’Aubusson

Orgue de l’église Sainte Croix d’Aubusson (Creuse)
Orgue de Style Saxon XVIIIe Siècle
Facteur : Gérald GUILLEMIN

L’ORGUE DE L’ÉGLISE SAINTE-CROIX D’AUBUSSON

Construit entre 1980 et 1982 par Gérard Guillemin
Deux claviers – un pédalier à l’allemande – 27 jeux
Propriété de la Ville d’Aubusson

Édifié en fond de nef, le buffet particulièrement soigné, en chêne massif et le fond en sapin de Savoie, occupe tout le volume entre la voûte et deux piliers. Rare instrument de plain-pied à disposer d’une console visible du public, l’orgue se caractérise par une palette sonore formée de jeux inspirés de la facture allemande. Ses 110 tuyaux de façade suggèrent la présence de près de 1800 autres pièces similaires. La littérature baroque, principalement celle de Jean-Sébastien Bach et de ses précurseurs, est adaptée à cet instrument qui rend également avec bonheur certains répertoires contemporains.

HISTORIQUE : LE RENOUVEAU DE L’ORGUE D’AUBUSSON

Dès 1978, l’idée de construction d’un orgue neuf prend corps à l’initiative de l’organiste et compositeur André Jorrand (1921-2007).

Entre 1980 et 1982, Gérald Guillemin construit un orgue neuf installé au sol dans la nef près du chœur. Réception le 16 octobre 1982.

1983 : Création du stage d’organistes européens par Jean-Charles ABLITZER.

Enregistrement de chorals « J.-S. BACH et son siècle » par J.-C. ABLITZER avec Harmonic Records.

1988 : Création du Festival pour le Sud de la Creuse : Aubusson, Felletin, Saint-Avit et Lupersat, avec José Van Dam pour Président d’honneur.

1998 : Enregistrement d’un disque par Pierre MEA. (Ad Vitam Records – Creuse).

2005-2006 : Relevage de l’orgue par les frères Pesce qui assurent l’entretien annuel depuis cette date.

GERALD GUILLEMIN

Facteur d’orgue, Gérald Guillemin évoque la création de l’orgue d’Aubusson.
«  J’ai 31 ans lorsque la commande de l’orgue aubussonnais se concrétise. Malgré un certain nombre de péripéties, on peut affirmer, avec le recul nécessaire, qu’elle vient de la rencontre d’André Jorrand, organiste à Ste-Croix et de Pierre Vidal, l’un de nos plus grands musiciens et spécialistes de Jean-Sébastien Bach. Je pars alors avec Jean-Charles Ablitzer de l’autre côté de ce « Rideau de Fer » qui n’existait pas du temps de Bach, afin de voir de près ces fameux Saxons et Thuringeois de Gottfried Siberman, Tröst, Hildebrandt. Le coup de foudre est immédiat et plus de vingt années plus tard, je ne renie pas cet amour. Celui-ci m’a évidemment influencé pour la réalisation de l’orgue d’Aubusson qui sera terminé en 1982 et qui, comme le souligne alors un journaliste creusois en titre de son article, représente « 18000 heures de travail et d’amour » pour le concepteur, mais aussi pour ses cinq compagnons artisans de l’atelier, qui vivent la même aventure ! (…) J’ai simplement cherché à m’exprimer librement sur un thème donné, à insuffler vie et chaleur, plénitude et gravité à ce grand corps sonore, rejoignant un peu par la pensée ce début du XVIIIe siècle allemand qui me fascine tout autant que le XVIIe siècle français, italien et espagnol. (…) Plus que jamais, l’orgue est le porte-parole de nos sentiments enfouis, il clame notre allégresse, crie notre détresse, appuie notre prière, porte nos espoirs ! Qui mieux que Jean-Sébastien Bach finalement, a su faire ce lien, au travers de sa musique et de son instrument, entre le Créateur et nous ? »